Il n'y a pas d'amour heureux , déclame le Poète.
La souffrance forge le caractère, dit le Vigneron.

Oui, rien de grand, de beau, de bon, ne se crée facilement, et le choix de ces coteaux arides à l'extrême pour implanter notre vignoble n'est pas dû au hasard : nous pensons que le plant de vigne va lutter de toutes ses forces pour nourrir les fruits qu'il porte, va forger, va profiler le raisin et le vin qui en découle.

Quand on opte pour ces orientations, il n'est pas question de parler de produits adaptés aux goûts du client, il n'est pas question de faire des calculs a la "Perette et son pot au lait", on se surprend soit même à penser à Jean de Florette et à faire le compte de l'eau que le ciel nous doit et quand au mois d'Août, la terre craquelée, brûlée par le soleil torride reçoit l'eau salvatrice, la poitrine du vigneron se gonfle de bonheur, et il se met à chanter à la gloire de Dionysos, les éclairs et les craquements du tonnerre accompagnent ce déferlement hydrique pour célébrer la continuité de la vie, et au terme du cycle, quand la conjonction de tous les éléments est favorable, c'est la création d'une oeuvre non reproductible qu'on est fier de faire déguster à ses amis.

Sur ces côteaux ensoleillés, souvent à outrance, la vigne ne produit que de très faibles rendements, mais la puissance arômatique de ses grappes n'a d'égale que le chant des cigales en plein midi.

Les conditions extrêmes d'implantation de notre vignoble, l'aridité de notre terroir, oblige ses racines à se frayer un chemin dans la roche calcaire et la formation des ceps, le plus proche possible du sol permet aux grappes de bénéficier du maximum d'ensoleillement.

Nous cultivons nos parcelles dans le plus grand respect du sol et de son environnement et veillons à ce que rien ne puisse nuire au parfait développement de ces belles grappes violettes ou dorées, susceptibles de nous apporter un peu de bonheur.