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jeudi 26 janvier 2006

A "Galinette", cultivateur "d'authentique"  ::  Général

Au consommateur d'authentiques petits LU qui apporte de l'eau à mon moulin de Don-Quichotte.
Au vent qui fait tourner les moulins de l'histoire.
Ce fragment du poème "Le Cimetière Marin" de Paul Valéry :
Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt

Auteur : André Moulière @ 08:29

 



samedi 21 janvier 2006

Don-Quichotte de Carnas  ::  Général

La littérature spécialisée dans la vente du vin ne se tarit pas sur les solutions pour développer les ventes et de conseils pour séduire tel ou tel consommateur. Celà passe par l'emballage (je refuse d'employer des mots anglais pour faire bien, je ne parle pas anglais!), les étiquettes de plus en plus tape à l'oeil, la forme des bouteilles et leurs couleurs, le bouchon, j'en passe et des meilleures.

Si on parle du contenu, là, il faut faire attention de ne parler que du coté facile à boire, sur le fruit, pas de tanins sur le final. Pour le degré alcool, maitenant il faut revenir à nos bons vieux 8° que les viticulteurs ont cessé de produire à grand renfort de subventions.

Pas d'alcool, pas de tanins, et si possible, un peu de sucre résiduaire car nos amis du nouveau monde ont conquis une nouvelle clientèle avec des produits très riches en sucre : alors il faut faire pareil. Le temps que notre législation réagisse et ce sera déjà une autre mode.

Là, je monte ma Rossinante, et sans visière, sabre au clair, j'affronte les non dits.

La mercatique est un métier qui ne s'embarrasse pas de préjugé. Pour elle, la qualité, c'est ce qui se vend. Si elle prend en compte les considérations morales et philosophiques de la production, c'est pour les exploiter. Pour vendre, on adapte le discours  à la demande du client, en oubliant de lui dire (parce que il n'aime pas ça) que les tanins et  l'alcool sont  les façons les plus naturelles pour conserver le vin dans le temps et qu' il faut augmenter de façon significative les doses de SO2 (entre autre) si il en manque.

Un grand souffle (sans doute les ailes du moulin) me déséquilibre, je me retrouve le cul dans la poussière. Sancho me dit à l'oreille : "je te l'avais bien dit de ne pas blogguer sur le sujet, tu as toutes les peines du monde à faire connaitre le vin à ton image, c'est à dire un vin de réveur, que toutes les ailes des marchands du temple vont t'ostraciser".

Amis(es), qui comme moi révez de produits sincères, naturels, authentiques, par votre soutien moral, chassez de mon esprit la vision de cet homme se battant contre des moulins.

Auteur : André Moulière @ 15:43

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samedi 07 janvier 2006

Esope était un visionnaire  ::  Général

Le rat des villes et le rat des champs ...

Le fossé entre les populations des villes et les paysans est toujours aussi large. Plus inquiétant, il devient de plus en plus profond et je prends conscience du monde qui nous sépare. Quand , suite à un commentaire sur le blog de Mme Lepage à la question qu'elle pose "La France est-elle en voie de sous-développement ?", les personnes qui me répondent sont à coté du sujet et "bouffent" du paysan.

Bien faire et laisser dire pourrait être ma position de paysan-écolo, les pieds dans la terre, la tête vers la lune, mais ce serait  faire offense à nos écologistes de bureaux de ne pas leur sortir la tête du guidon de la politique et leur dire qu'ils sont souvent à des années lumiere des réalités.

"Qui aime bien , chatie bien" : c'était les paroles employées par nos pères, après une "baffe" magistrale, quand nous présentions des mauvaises notes sur nos carnets scolaires.
D'autres se sont appropriés la formule : depuis, le fossé de l'ignorance et de l'incompréhension qui sépare nos deux mondes a besoin de beaucoup de "baffes" et des deux cotés !!
Il n'y a pas du tout bon d'un coté et du tout mauvais de l'autre. Si nous voulons que l'écologie serve à autre chose que de créer des tendances politiques, il faudra  mettre sur la table les enjeux qui sont en cause, les efforts déja consentis et ne pas planifier uniquement les contraintes, il faut aussi planifier le devenir de l'agriculture de France.

La  frange de population qui condamne sans savoir, face à une paysannerie qui nourrit ses juges et ne faillit pas à sa mission malgré les difficultés toujours plus grandes,et sans vouloir personnaliser le sujet, il est bon de rappeler que le siècle dernier a vu nos campagnes se moderniser et passer d'une agriculture familiale, diversifiée, quasi autarcique à une agriculture spécialisée, souvent en mono-culture. 
C'est l'avènement de la traction mécanique mais aussi de population plus nombreuse qu'il fallait nourrir. Cette agriculture moderne n'a pas, suite à des vagues successives d'adaptation, eu le temps de bénéficier des retours sur investissement qu'elle pouvait espérer que déja on lui demande de retourner dans ses fermes.
Fini la logique d'entreprise, maintenant c'est la mondialisation des échanges, on ne vend que du prix et les votres sont trop chers, sauf si vous faites la qualité que nous pouvons vendre plus cher.
Oui vendre, pas acheter, ainsi va la vie. Le paysan a une bonne capacité d'adaptation, il sait retrouver ses racines et attendre que ses juges (le consommateur) modifient leurs choix sur l'étagère du supermarché, qu'ils favorisent les produits créateurs d'emploi, générateurs de l'impot et de la protection sociale, qui contribuent à l'entretien et la sauvegarde des beaux paysages du jardin de la France. Il y retrouvera ces saveurs mémorisées quelque part dans ses souvenirs d'enfance, à travers la douceur naturelle de cette belle pêche, l'onctuosité de ce fromage, la finesse de ce verre de vin, souvenir inaltérable de la terre que le goudron nous a fait oublier.

Quelle alternative si nous perdons l'indépendance alimentaire, quelle alternative pour maintenir la beauté de nos paysages , quelle alternative pour sauvegarder le tissu social dans nos campagnes ?

Auteur : André Moulière @ 11:02

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