English Français

Les vignes de mon enfance

Je fais souvent état de mon appartenance au peuple cévenol : je ne perds jamais très longtemps des yeux  les montagnes qui m'ont vu naître et, de la garrigue qui entoure le Pic Saint Loup, je peux voir aujourd'hui la neige sur le sommet de l'Aigoual et du Fageas. Le froid vif de cette fin de mois de février me fait penser que c'était l'époque où l'on "sacrifiait" le cochon. En effet, le rituel de la mise à mort, l'attention et le respect apporté à l'animal, l'effervescence de ces deux jours de" charcutaille" avaient quelques ressemblances de fêtes païennes ou religieuses, (comme les musulmans sacrifient le mouton), les Cévenols sacrifient leur cochon pour le remercier de remplir leur saloir .<p>

Le souvenir des agapes qui suivaient le sacrifice me reste comme un menu  identique au fil des ans, où le plat de résistance (je vous garantis que le mot convient) était composé de viande entrelardée du sacrifié, cuite avec des pommes de terre : c'était délicieux et très roboratif.

Le vin qui accompagnait le plat, était le vin de tous les jours. Je ne dirais pas, comme chante Ferrat, que c'était une horrible piquette car j'ai  gardé le souvenir de vin léger, plutôt fruité, sur des tanins assez rustiques car les vignes comprenaient une majorité de cépages américains. Mais les rangs d'oeillades ou de cépages ayant résistés au  phylloxéra et murissant bien en altitude, apportaient une note agréable, du moins jusqu'au mois de juin car dès les premieres chaleurs du fait de son faible degré et d'aucun ajout de quoi que ce soit pour aseptiser, le vin se "piquait". Et j'entends encore mon père, qui du fait d'une consommation réguliere, ne percevait pas l'évolution de la piqûre acétique, nous rabrouait gentiment quand avec mon frère, nous le lui faisions remarquer, il nous trouvait le palais bien délicat et la jeunesse bien difficile.

Aujourd'hui, plus personne ne travaille  les bancels de "la Vignasse". Les ronces recouvrent les souvenirs du temps où nous étions jeunes et insouciants.

que vous ai je donc fait ô mes jeunes années
pour m'avoir fui si vite et vous être éloignées
me croyant satisfait?
Hélas! pour revenir m'apparaitre si belles,
quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes
que vous ai je donc fait.
Victor Hugo

Rédigé parAndr√© Mouli√®re -  dimanche 26 f√©vrier 2006 à 11:22
Les 4 saisons du vigneron :: #43 :: Fil RSS des Commentaires

 ,  

Trackbacks

Aucun trackback

Trackback are closed for this post

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.


Ajouter un commentaire

Les commentaires pour ce billet sont fermés.

Production du Domaine
Calendrier
« f√©vrier 2006 »
lunmarmerjeuvensamdim
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728
Langues
  • en
  • fr
  •  
    Liens
     
     
    Propulsion

    Dotclear