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Esope était un visionnaire

Le rat des villes et le rat des champs ...

Le fossé entre les populations des villes et les paysans est toujours aussi large. Plus inquiétant, il devient de plus en plus profond et je prends conscience du monde qui nous sépare. Quand , suite à un commentaire sur le blog de Mme Lepage à la question qu'elle pose "La France est-elle en voie de sous-développement ?", les personnes qui me répondent sont à coté du sujet et "bouffent" du paysan.

Bien faire et laisser dire pourrait être ma position de paysan-écolo, les pieds dans la terre, la tête vers la lune, mais ce serait  faire offense à nos écologistes de bureaux de ne pas leur sortir la tête du guidon de la politique et leur dire qu'ils sont souvent à des années lumiere des réalités.

"Qui aime bien , chatie bien" : c'était les paroles employées par nos pères, après une "baffe" magistrale, quand nous présentions des mauvaises notes sur nos carnets scolaires.
D'autres se sont appropriés la formule : depuis, le fossé de l'ignorance et de l'incompréhension qui sépare nos deux mondes a besoin de beaucoup de "baffes" et des deux cotés !!
Il n'y a pas du tout bon d'un coté et du tout mauvais de l'autre. Si nous voulons que l'écologie serve à autre chose que de créer des tendances politiques, il faudra  mettre sur la table les enjeux qui sont en cause, les efforts déja consentis et ne pas planifier uniquement les contraintes, il faut aussi planifier le devenir de l'agriculture de France.

La  frange de population qui condamne sans savoir, face à une paysannerie qui nourrit ses juges et ne faillit pas à sa mission malgré les difficultés toujours plus grandes,et sans vouloir personnaliser le sujet, il est bon de rappeler que le siècle dernier a vu nos campagnes se moderniser et passer d'une agriculture familiale, diversifiée, quasi autarcique à une agriculture spécialisée, souvent en mono-culture. 
C'est l'avènement de la traction mécanique mais aussi de population plus nombreuse qu'il fallait nourrir. Cette agriculture moderne n'a pas, suite à des vagues successives d'adaptation, eu le temps de bénéficier des retours sur investissement qu'elle pouvait espérer que déja on lui demande de retourner dans ses fermes.
Fini la logique d'entreprise, maintenant c'est la mondialisation des échanges, on ne vend que du prix et les votres sont trop chers, sauf si vous faites la qualité que nous pouvons vendre plus cher.
Oui vendre, pas acheter, ainsi va la vie. Le paysan a une bonne capacité d'adaptation, il sait retrouver ses racines et attendre que ses juges (le consommateur) modifient leurs choix sur l'étagère du supermarché, qu'ils favorisent les produits créateurs d'emploi, générateurs de l'impot et de la protection sociale, qui contribuent à l'entretien et la sauvegarde des beaux paysages du jardin de la France. Il y retrouvera ces saveurs mémorisées quelque part dans ses souvenirs d'enfance, à travers la douceur naturelle de cette belle pêche, l'onctuosité de ce fromage, la finesse de ce verre de vin, souvenir inaltérable de la terre que le goudron nous a fait oublier.

Quelle alternative si nous perdons l'indépendance alimentaire, quelle alternative pour maintenir la beauté de nos paysages , quelle alternative pour sauvegarder le tissu social dans nos campagnes ?

Rédigé parAndr√© Mouli√®re -  samedi 07 janvier 2006 à 11:02
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Commentaires

1. samedi 07 janvier 2006 -  13:08 -  Iris

J'ai du retrouver l'article, que vous indiquez

corinnelepage.hautetfort....

avant de mieux comprendre le votre.

J'admets, que je n'y vois pas le clivage "ville - campagne" dans les commentaires. Les "rats des champs" surfent sur le web aussi, aujourd'hui, donc pour nous tous existe la possibilité de nous informer et de ne pas voir les problèmes que de notre bout de la lorgnette.

Que remplacer une monoculture par une autre (ce que amènera probablement la production de p.ex. de l'huile de tournesol comme carburant) doit être bien réfléchie, ne me semble pas une provocation. Est-ce que cela sera un choix pour vous, d'arracher vos vignes et de remplacer les ceps par une grande culture, qui par dessus le marché, nécessite de l'irrigation?

Je n'ai pas de solution pour le problème actuel en viticulture à échelle large - et j'admets, que le drame individuel pour chaque viticulteur est terrible - mais il n'y a pas de solutions simplistes à mon avis - et il ne sert à rien de monter des nouvelles images d'ennemies.

bien cordialement

Iris


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