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dimanche 26 février 2006

Les vignes de mon enfance  ::  Les 4 saisons du vigneron

Je fais souvent état de mon appartenance au peuple cévenol : je ne perds jamais très longtemps des yeux  les montagnes qui m'ont vu naître et, de la garrigue qui entoure le Pic Saint Loup, je peux voir aujourd'hui la neige sur le sommet de l'Aigoual et du Fageas. Le froid vif de cette fin de mois de février me fait penser que c'était l'époque où l'on "sacrifiait" le cochon. En effet, le rituel de la mise à mort, l'attention et le respect apporté à l'animal, l'effervescence de ces deux jours de" charcutaille" avaient quelques ressemblances de fêtes païennes ou religieuses, (comme les musulmans sacrifient le mouton), les Cévenols sacrifient leur cochon pour le remercier de remplir leur saloir .<p>

Le souvenir des agapes qui suivaient le sacrifice me reste comme un menu  identique au fil des ans, où le plat de résistance (je vous garantis que le mot convient) était composé de viande entrelardée du sacrifié, cuite avec des pommes de terre : c'était délicieux et très roboratif.

Le vin qui accompagnait le plat, était le vin de tous les jours. Je ne dirais pas, comme chante Ferrat, que c'était une horrible piquette car j'ai  gardé le souvenir de vin léger, plutôt fruité, sur des tanins assez rustiques car les vignes comprenaient une majorité de cépages américains. Mais les rangs d'oeillades ou de cépages ayant résistés au  phylloxéra et murissant bien en altitude, apportaient une note agréable, du moins jusqu'au mois de juin car dès les premieres chaleurs du fait de son faible degré et d'aucun ajout de quoi que ce soit pour aseptiser, le vin se "piquait". Et j'entends encore mon père, qui du fait d'une consommation réguliere, ne percevait pas l'évolution de la piqûre acétique, nous rabrouait gentiment quand avec mon frère, nous le lui faisions remarquer, il nous trouvait le palais bien délicat et la jeunesse bien difficile.

Aujourd'hui, plus personne ne travaille  les bancels de "la Vignasse". Les ronces recouvrent les souvenirs du temps où nous étions jeunes et insouciants.

que vous ai je donc fait ô mes jeunes années
pour m'avoir fui si vite et vous être éloignées
me croyant satisfait?
Hélas! pour revenir m'apparaitre si belles,
quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes
que vous ai je donc fait.
Victor Hugo

Auteur : André Moulière @ 11:22

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lundi 20 février 2006

Quand la revue "Terre des Vins" met le paquet sur le terroir !  ::  G√©n√©ral

Deux reportages très interessants dans la revue "Terre des Vins" qui remettent les AOC et le terroir dans leur contexte. Je conseille vivement à ceux qui ont tendance à douter de cette notion subjective de Terroir, de lire  ces articles.

L'analyse de Marc Parcé sur la dérive de nos appellations réconforte ceux qui comme moi se sentent isolés, seuls à s'insurger contre les adaptations de circonstances et contre la dérive et le galvaudage du mot TERROIR.

Même si je pense qu'il est déjà trop tard car des appellations revendiquent leur appartenance à travers leurs climats et leurs cépages et ne font allusion au terroir que de façon aléatoire, les derniers Dinosaures qui exploitent la "typicité" de leur terroir se voient contraint de rejoindre la masse des  vins de tables ou de pays .

Ce n'est pas la commission de controle au vignoble, mise en place par les syndicats d'appellations, qui va faire évoluer les choses car à l'instar des commissions d'agréments, leurs membres sont "formatés" pour un diagnostic de visu et n'intègrent pas  les notions essentielles à la production des vins de terroir.

Un retour à des méthodes plus respectueuses du sol et de son environnement, à l'intégration dans le paysage du vignoble et du respect de la flore et de la faune qui le compose, aurait pour simple effet de diminuer les rendements, d'accentuer la défense immunitaire de la vigne pour  le bienfait du consomateur : mais çà, c'est déjà une autre histoire !

Mr Brassens égrène ces notes :
"Mourons pour des idées, l'idée est excellente, moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu, mourons pour des idées, mais de mort lente!" ------
Je termine la lecture de cet article pendant que Georges égrène sa chanson  et je pense que pour cet homme de terroir, bétonné dans ses convictions, ça n'a pas du être facile tous les jours ...

Auteur : André Moulière @ 08:59

 



mercredi 15 février 2006

Repensons le Languedoc  ::  G√©n√©ral

Si je devais justifier mon absence à la "manif" de cette après midi, ce serait pour de multiples raisons mais je crois bien que la premiere de celles-ci, est pour ne plus donner,  à ces "vociférateurs" indéracinables, ces faiseurs de syndicats, de groupements, de regroupement de groupement, un blanc-seing.

En fait, d'énormes usines à gaz où le producteur de base se fait plumer à grand coup de cotisations et de retenues sur les aides allouées par l'Etat, ces manipulateurs du peuple paysan qui échangent ce jour là  leur complet veston contre un blouson rapé, pour arranguer leur base et rejeter sur les autres leur incapacité  à gerer les problèmes de production et d'organiser une commercialisation percutante à l'export.

Que restera -t-il de l'enveloppe allouée à l'export quand les différents organismes auront prélevé leur fonctionnement ? Il restera encore des sommes trop importantes à payer au petit vigneron pour participer à un salon. De toute façon, ce dernier est bien souvent déclaré incompétent pour optimiser la mise de fonds investis (chacun son métier) et comme "casserole médiatique" l'image de casseurs  encagoulés faisant la une de toutes les chaines de télévision.

A nous, petits producteurs  de nous regrouper pour ensemble appréhender la réalité et nous organiser pour optimiser notre budget export et conquérir de nouveaux marchés.
L'appel est lancé. Vous pouvez me joindre pour discuter du sujet à cette adresse (andre[dot]mouliere[at]free[dot]fr => remplacer [dot] par un . et [at] par un @ => ce blog fait l'objet de spams. )  
De toute façon, nos leaders sont discrédités et nous sommes livrés à nous même, loin des structures dévoreuses d'hommes et de moyens. Essayons de trouver des solutions.

Notre Languedoc a des atouts  incontestables.  Faute de n'avoir pas su les exploiter ou de s'être empétré dans des réglementations franco-régionales, d'avoir  mal négocier le virage de l'internationalisation des échanges, nous sommes contraints de colmater les brêches.

Qui est capable aujourd'hui, face aux démolisseurs de culture vigneronne comme les Chaballiers, d'apporter dans le panier qui recueille les têtes de notre viticulture,  un semblant de raison contructive, et que du désordre actuel ne renaisse pas un autre désordre programmé, mais bien un beau projet bien ordonné.

Auteur : André Moulière @ 16:08

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samedi 11 février 2006

L'influence des affirmations suppos√©es  ::  G√©n√©ral

Il est des moments dans la vie, on se demande si nous vivons tous sur la même planète.

Aux infos de midi, hier, notre belle quinqua de la météo , la toute fringuante EVE, nous annonce avec son sourire narquois que malgré les apparences , notre planète se réchauffe ?

Ouiiiiii !!!, je veux bien , apres tout il faut bien quelle fasse quelque chose notre belle plan√®te bleu, se r√©chauffer ou se refroidir, en ce moment j'opterai plut√īt pour l'option 2 car cela fait trois mois qu'on se les "g√®les" mais √† l'√©coute de nos augures , je vais acheter une bonne clim car pour compenser la somme des temp√©rature n√©gatives , l'√©t√© sera chaud ,chaud chaud ?????, je suis curieux d'entendre les justifications de nos diseurs de bonne aventure si le contraire se produit? .

Cela me fait penser √† ce technitien charg√© de nous pr√©parer √† l'√©volution de la viticulture Languedocienne, qui faute d'avoir une id√©e bien pr√©cise sur le sujet et pour justifier son salaire , nous fait visiter le vignoble de Laurent VALIER ou plus exactement le vignoble de LA GRANGE DES P√čRES. Ce jeune formateur de vignerons " d'exceptions" (je faisais parti du groupe ) mandat√© par le syndicat des coteaux du Languedoc avait simplement oublier que ces vignerons hors pair de la Grange des P√™res commercialisent toute leur production √† travers le monde en vin de table et leur seul nom fait honneur √† notre r√©gion aux quatre coins de la plan√®te.

Je regrette de ne pas mieux connaitre ces grands vignerons, ils sont tres discréts et je ne manque jamais quand je passe du coté d'ANIANE de visiter leurs vignobles pour éssayer de m'inspirer de leur savoir faire .

Merci à ce jeune technitien qui ma permis de découvrir ces vignes plantées à l'ancienne et ce terroir d'exception de La Grange des Pêres, ces vignerons , malgres leurs notoriétés , toujours en quête d'absolue , fidèles à la ligne de conduite qu'ils se sont fixées, loin des prévisionnistes aléatoires qui ne prennent que le risque de voir le temps effacer leurs érreurs.

Alors , si les temp√©ratures sont plus favorables aux bonnes maturit√©s du grenache ou de la syrah √† des degr√©s naturels de 12 ou 13¬į au nord de Lyon, gageons que nos amis Bourguignons saurons mieux exploiter que nous ce bienfait que la nature nous donne, le soleil.

En attendant que les cailloux de nos garrigues se transforment en sable , que les cactus et les palmiers couvrent les surfaces occupées par les vignes Languedociennes, à moins que ce soit la glace ou le déluge qui recouvre la septimanie, pensez qu'un bon repas avec les amis permet d'affronter les rigueurs de l'hiver , arrosé bien sur, avec un de ces bon vins produits sous le soleil de la Méditérranée

Auteur : André Moulière @ 12:24

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samedi 04 février 2006

L'histoire est un √©ternel recommencement.  ::  G√©n√©ral

La région méditerranéenne, la première gagnée par la viticulture et le commerce du vin, fut la première à profiter de courants commerciaux et de la civilisation venant de la Grèce et de Rome par la mer. Elle fut touchée profondément par l'écroulement de l'Empire romain.

Au moyen âge, et principalement à partir du XIème siècle, c'est dans la région nord que l'économie redémarre et que les villes refleurissent. Cette situation favorise le vignoble parisien, car le midi est trop loin et il le demeure tragiquement jusqu'au milieu du XIXème siècle.

Cette région où la vigne prospère dans son milieu naturel est mal placée car si elle veut écouler ses produits par la mer, elle se heurte à l'obstacle d'une navigation par Gibraltar qui allonge considérablement les distances. 
Si elle veut utiliser la voie de terre, comme jadis vers Bordeaux, elle se heurte au barrage institué par la capitale gasconne pour favoriser ses propres vins.
Au nord, c'est le même obstacle avec le vignoble bourguignon qui n'entend pas, surtout quand la prospérité lui sourit, laisser passer au-delà de Lyon les vins d'un concurrent aussi sérieux.

Il a fallu que St Louis,confirme en 1249 depuis la Palestine où il effectue sa seconde croisade, le droit de commerce dans le royaume de France pour les vins du Languedoc. Dès la fin du XIIème siècle, les défrichements se sont multipliés, et les plantations de vignes aussi, qui profitent de la pauvreté des terres incapables de porter du blé. Le vin est même si abondant que les bailleurs n'en veulent pas pour  le paiement du cens  et qu'ils réclament du blé ou de l'argent.

Extraits du livre de MARCEL -LACHIVER : "Vins, vignes et vignerons"

On s'y croirait !!! Sauf qu' aujourd'hui , les frontières ne sont pas les mêmes. Le Languedoc est toujours en retard d'une guerre car on lui demande de s'adapter au lieu d'exploiter ses spécificités (le climat, le soleil, la garrigue) et aussi des volumes à des prix attractifs en exploitant mieux le savoir faire de nos viticulteurs. Le temps presse, nos dirigeants sont discrédités. Qui va se lever et montrer le chemin ?

Auteur : André Moulière @ 15:00

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