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samedi 19 novembre 2005

De la vigne au festin  ::  Les 4 saisons du vigneron

Novembre se termine. Hier, les vignes se sont parées de leurs plus beaux atours, une avant premiere de noel, c'était beau !!!
Un cycle végétatif se termine, le vigneron doit penser au futur, le vent balaie les derniers vestiges de feuilles accrochées aux sarments des ceps.
Déja, sur les coteaux, on aperçoit  le vigneron, emmitoufler dans des vêtements capables de le proteger du froid et du vent, recommencer sa tache qui consiste en une premiere opération de nettoyage  du cep de vigne : on appelle cela  "pré-tailler" les sarments.
Le sarment ainsi détaché de la souche qui l'a nourri ira rejoindre les feuilles sur le sol , et une fois broyé , contribuera à l'enrichir en matiere organique, respectant ainsi le cycle biologique ...

Le vigneron épicurien prendra soin de prélever quelques fagots ou "marotes" pour griller sur les braises des sarments du grenache, la grive vendangeuse habillée d'une fine barde de lard frais, et si vous avez du savoir vivre, introduisez par un des orifices " vous choisissez" un grain de genievre, ainsi parée, la belle rougette est une fille qu'on a beaucoup de plaisir à inviter à sa table et si elle est accompagné d'un vin du cru , alors là, quel plaisir !
J'ai des souvenirs innoubliables de festins au coin d'une vigne, à l'abri d'un talus (une rase chez nous) pour atténuer les effets du mistral.
Dans ce décor bucolique, un simple morceau de saucisse, une cotelette cuite sur la braise  de sarments valent toutes les étoiles des plus grands restaurants..
Ces plaisirs simples de la vie sont notre héritage des générations qui ont su surmonter les privations, les vexations et les contraintes de guerres successives qui leur ont appris, même si des disparités existaient, à attendre des jours meilleurs et de se contenter du peu qu'ils avaient, souvent des produits très simples qu'ils partageaient.

La silhouette penchée sous son chapeau et la presque immobilité de sa tache favorise la réflexion du vigneron, en ses périodes où une frange de population manque de repaire. Il aimerait passer des messages.

Les longues périodes de souffrance adoucissent les moeurs, l'instinct grégaire de l'homme redevient pacifique, prenons garde que le trop de bien être ne produise le contraire !!

Auteur : André Moulière @ 10:38

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mercredi 16 novembre 2005

Les vignes dans le roc  ::  Connaitre Sigalière


Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins

Notre bon Lafontaine ne devait pas connaitre la garrigue, pour elle , c'est le fond qui manque le plus .

Pour implanter une vigne dans  ce type de sol, il faut préserver la configuration des plaques calcaire.
En effet, il est bien rare que leur disposition dans le sol soit horizontale, du fait de la pression exercée par le socle en se soulevant, elles sont toutes plus ou moins inclinées et séparées par une couche d'argile qui permet le passage des racines.

Il ne faut pas "chambouler"  l'architecture du sol, pour se développer plus rapidement, les racines de notre vigne vont emprunter les galeries crées par la végétation antérieure ou celles creusées au fil des siècles par les vers de terre vers des profondeurs qu'aucun engin mécanique ne peut atteindre.

Imaginez les racines d'un cep de vigne retrouvant un passage dans la fine couche d'argile rouge se frayant un chemin vers les profondeurs à travers le minéral pour trouver  l'eau nécessaire à sa subsistance, l'eau chargée de cette "sustentifique moëlle minérale" des entrailles de la terre.

Le vin doit rester l'expression d'un terroir : au vigneron, par son travail, par son savoir, d'apporter le plus qui le distinguera des autres.

Le terroir ne peut s'exprimer que si il est vivant , les plantes , les fleurs , mes aussi les petits monticules de terre qui jonchent le sol dès que la température est favorable en surface, ce sont nos précieux alliés les vers de terre, qui creusent de nouvelles galeries. Leur présence en grand nombre est la preuve que la vie du sol existe et ils ne sont que la partie visible de la faune nécessaire à la transformation et à l'évolution de la couche superficielle de notre planète.
Les sols épuisés par les méthodes modernes de notre agriculture, ne sont que des supports, les plantes qu'ils produisent sont alimentées artificiellement et ont tendance à retourner vers leurs socle originel, il est bien difficile dans cette situation de parler de produits de terroir et du caractére spécifique à ce terroir, mais c'est tellement plus facile d'employer des méthodes modernes et de vendre du prix !!!!
Toute  cette faune et cette flore particulière à notre garrigue languedocienne joue un rôle essentiel pour la préservation de l'équilibre biologique, l'intervention de l'homme n'est pas toujours la bienvenue.
Prenons garde à ne point perturber cette belle organisation.

Découvrez  en humant un verre de ce précieux breuvage, les senteurs délicates, sa fraicheur minérale enrobée de tanins qui saura accompagnée vos repas entre amis, servir de trait d'union entre Epicure et vous, sera sa récompense.
AVEC MODERATION - BIEN SUR

Auteur : André Moulière @ 16:22

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vendredi 11 novembre 2005

On a tagué ma fourguonnette  ::  Général

En déplacement à Strasbourg ce dernier week-end , où une certaine catégorie d'individus a joué à brûler des voitures pendant que je regardais Fabien Pelous faire de l'oeil avec son coude à son copain australien, le double vitrage de la chambre d'hotel ne suffisait pas à atténuer le tintamarre des sirènes des pompiers et des ambulances strasbourgeoises.
Au petit déjeuner, un de mes amis vignerons qui participait au même salon où nous présentions nos vins, m'a demandé où j'avais garé ma voiture car à Nimes, les jeunes ont pratiqué le même sport face aux CRS avec voitures en flammes interposées.
Mardi - 16h 30 - arrivée du  TGV à Nimes :  même si on fait comme si, c'est avec soulagement que j'ai retrouvé ma fourgonnette. Ephémere joie , car vu de plus près, des artistes en herbe(enfin ,je suppose, moi vous savez , l'art abstrait !!) m'avaient décoré d'un rose éclatant le côté droit de mon véhicule.
Bon, il faut relativiser comme dirait l'autre !!
Mais enfin, pour être quelqu'un qui a revendiqué plus souvent qu'à son tour, on a beau m'expliquer que cette catégorie d'individus extériorise leur mal être, c'est avec ce genre de manifestation qu'on se met tout le monde à dos. Il n'y a qu'à voir les retombées des exactions d'une frange incontrôlée de la viticulture languedocienne, c'est tout juste si nos amis de l'europe du nord ne nous demandent pas si nous avons encore notre cagoule dans la poche quand nous participons à un salon dans leur pays, tout de suite çà vous met en position favorable pour représenter une région !!

Auteur : André Moulière @ 18:15

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Soutirer le vin dès les premiers froids  ::  Les 4 saisons du vigneron

L'opération qui consiste à soutirer le vin est une  règle de base pour mettre le  vin dans les conditions d'hygiène nécessaires à son élevage.
Cette opération est en général accompagnée d'un traitement  particulier pour des vins destinés à une consommation en vin primeur.
Pour les vins destinés à l'élevage, c'est à dire consommés après qu'ils aient développé leurs arômes secondaires (le bouquet pour certains), il faut préparer le milieu dans lequel vont se développer les composants chimiques du vin.
Le problème est qu'il y en a des bons et des mauvais, et si on veut conserver le capital  favorable à l'évolution des arômes, le fameux "bouquet", il faut favoriser l'évolution des bons (vendange saine et propre) et éviter le développement des mauvais , des bactéries en évitant un milieu réducteur (par exemple, les cuves ou barriques mal lavées). En bref, il faut une hygiène rigoureuse en cave.
Tout au long de l'élevage, cuve ou barrique, le vigneron veillera à maintenir les contenants bien pleins,favorisera la vie et l'évolution de ses cuvées par des oxygénations régulières en attendant la mise en bouteille quand les tanins se seront fondus et quand le froid de l'hiver aura précipité les impuretés.

Auteur : André Moulière @ 16:51

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mardi 01 novembre 2005

Vendanges 2005  ::  Connaitre Sigalière

Ca y est, la vendange est rentrée, les jus de raisins ont fini de fermenter, les macérations sont suffisantes, les cuvées sont écoulées et mises en barriques ou en cuves closes pour être élevées.

Déjà le mois de Novembre s’annonce, les feuilles des vignes sont multicolores , les pluies de ces dernières semaines et la température très douce de cette fin de mois d’Octobre, n’allez pas y voir un quelconque réchauffement climatique , c’est fréquent dans nos régions, ont permis aux graines de germer et le sol des vignes est couvert d’un beau gazon vert .

Il n’y a pas de mauvaises herbes quand le sol gère lui-même sa couverture. Ce n’est que la main de l’homme qui génère des perturbations dans l’œuvre naturelle.

Un léger vent, un peu plus «frisquet» fait s'envoler nos belles feuilles jaunes ou rousses, Dans quelques temps mon paysage familier va perdre sa parure, juste le temps d’un peu de vague a l’âme, la chanson de Barbara « Dit, quand reviendras-tu » ou plus classique « les sanglots longs etc ».

Le paysan ne se laisse pas attendrir par ce que la nature lui apporte tous les jours, car il sait bien qu’elle est la plus forte, que face à l’éternité, l’homme n’est rien, le combat que mène ce thaïlandais en semant le riz nécessaire à la subsistance de sa famille est le même que ce vigneron qui se bat pour élaborer un vrai produit de terroir susceptible de trouver une clientèle qui le lui achètera, il pourra ainsi faire vivre sa famille, et que pour une raison quelconque (tremblement de terre, cyclone, ou orage de grêle ) leur récolte soit détruite.

Les mêmes causes produiront les mêmes effets et c’est la nature pour une raison indéterminée (« réflexion » et si tout était déterminé à l’avance «/réflexion ») , qui va rendre heureux ou malheureux cet homme totalement dépendant de l’écosystème auquel il est étroitement lié.

Ce paysan, comme le braconnier, sait par atavisme préserver un certain équilibre biologique de la terre à laquelle il arrache sa subsistance, comme le braconnier il sait préserver ce qui lui permettra à lui et à sa descendance de prélever la part qui lui revient grâce à son travail.

Je ne suis pas sur que l’agriculteur de demain « cultive » les mêmes valeurs ? Même, comme ne vont pas manqués de penser certains , il n’est pas question de revenir à l’age de la pierre : une logique plus raisonné de prélèvement pour éviter d’épuiser les sols serait de bon aloi. Que restera t il de l’oeuvre que tout un chacun a la prétention de léguer à la postérité, dans cent ans …Rien.. L’éternité « disaige » !!!!!!!!!

Auteur : André Moulière @ 18:37

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